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The installation uses television as raw materiel, considering it as a flux, a permanent source of media to be tapped into at will. Fragments of data are metamorphosed, granulated and denatured in progressive cycles. Separated from the flux they trace, in the interactive space inhabited by the spectator, other movements, other vortexes. Images, sounds, breezes, contribute to generate a synthetic environment, an ephemeral dance of data dust which interrogates the uncertainties of our perception. |
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| The spectator interface consists of an area of controlled air movements, a suspended ellipse equipped with proportionally controllable air jets and a small tilting podium used to mesure the spectators movements. Changes in the center of gravity on the interface are used to influence the direction and strength of the artificial breeze issuing from the ellipse. The data acts simultaneously upon the movements of audio and visual objects in the surrounding space. Other parameters such as the time spent by the spectator on the interface or their moments of inactivity are gathered and applied to parameters of the environment such as the size and the speed of the images displacements, the rhythm of channel changes etc. The spectator finds himself in the middle of a complex system where they feel their influence on the environment rather than having the impression of controlling it. Images and sounds are captured in real time from a TV stream. Granular and subtractive synthesis are used to transform sounds before they are spatialized by an 8 point system. Short clips of video are zoomed into groups of multiple windows which are linked between themselves using physical modeling concepts which simulate the movement of particles or other natural phenomena. A video projection over 180° and sound over 360° creates a semi immersive environment. Software : |
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We provide: - Computers, (2 PCs 1 G4) + TV antenna, Sound & video cards etc. The Organiser provides: - Installation Space: Schedule: Get-in: 4 day Get-out: 1 day
Cyrille C. de Laleu Peter Sinclair
GH Hovagimyan (research and conception).
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A.V.A.D. est un dispositif qui tente d'élargir le champ perceptif des installations multimédia en introduisant l'air comme une troisième dimension, un troisième espace, à la fois tactile et impalpable, qui s'ajoute et joue avec les espaces sonores et visuels. Autant dire qu'ici la question du dispositif joue un rôle essentiel, qu'elle est au coeur de la démarche d'expérimentation. L'environnement dans lequel nous nous trouvons n'aspire à aucun "réalisme", il ne nous propose aucune illusion, il ne cherche pas à nous engager dans l'abstraction d'un monde virtuel en nous donnant la sensation qu'il s'agit du monde "réel". Nous nous trouvons, d'une certaine façon dans un monde tout à fait réel. Le paysage dans lequel AVAD nous fait pénétrer n'a rien d'un morceau de campagne, d'un jardin anglais ou d'un monde fantastique. Il est produit par le détournement et le traitement des informations que les media de masse diffusent continûment, par la discrétisation et la synthèse des flux qui nous environnent réellement. Il filtre ce qui circule dans les canons directionnels de la société de communication. Un magma inépuisable de signes et de formes qui s'écoule et irradie, courant calibré de valeurs visuelles et auditives pré-travaillées, assimilées, ajustées, homogénéisées. Il y a là une matière, fluide et volatile, qui ne manque pas d'une certaine qualité, indépendamment de son contenu, indifféremment à tout contenu. Un bain. On peut concevoir AVAD comme une machine qui s'alimente de cette matière, qui, en temps réel, la transforme, la traite ou la retraite, au sens ou l'on recycle des déchets. AVAD se greffe sur la perte continue de la matière informationnelle, sa dilapidation neutre et amorphe. C'est une chambre d'écho, un réceptacle. Il ne s'agit pas ici d'engager une réflexion sur ce que les média véhiculent, sur ce qu'ils disent ou prétendent dire. Prenant littéralement au mot, d'une certaine façon, la célèbre formule de Mac Luhan suivant laquelle "le medium est le message", il s'agit de considérer les flux d'information comme des sources d'énergie et de sensations, comme les générateurs d'un milieu dans lequel nous sommes plongés et que nous pouvons nous réapproprier pour en dégager une matière transformée, métamorphosée, poétisée. Transformées en particules, granularisés, les sons et les images subissent un traitement qui vise à en faire les éléments concret de notre perception. Il s'agit de les objectiver dans un processus de matérialisation, de les considérer comme des choses, douées des propriétés de n'importe quelle chose, que l'on peut situer dans l'espace, déplacer, manipuler. Des objets susceptibles de réagir aux forces physiques qui s'exercent sur eux. L'utilisation de l'air participe de la même logique, parce qu'il a la propriété d'être à la fois matériel et impalpable, invisible et perceptible au toucher. Il engage immédiatement le sentiment de notre présence physique. Ici, l'air participe d'une vie de l'espace, il renvoie symboliquement au vent comme à la respiration, à l'extériorité du paysage comme à l'intimité du corps. Mais il devient surtout un medium à part entière, traité de la même façon que les images et les sons, le vecteur d'une écriture et d'un jeu de commande. Par son intermédiaire, l'action qui s'exerce sur les images-objets est en correspondance avec ce que nous ressentons directement, sur notre peau. Les sons, les images et les mouvements de l'air pulsé ne s'additionnent pas pour renforcer un effet de réalité. Ils vivent d'abord d'une façon autonome, comme des dimensions distinctes, dotées de leur propre identité, de leur propre statut d'objets visuels, ou sonores, ou tactiles. Le son n'est pas là pour accroître l'impact réaliste de l'image, l'image pour justifier la sensation du souffle. C'est le souffle, provoqué et orienté par nos mouvements, qui agit sur les images, comme si elles se trouvaient exposées au vent, ébranlées, secouées, déplacées, mais rétives à cette force qui s'exerce sur elles, revenant à leur place. Aucun effet d'illusion dans ces mouvements, mais plutôt le déclenchement d'une chaîne de causes et de conséquences, de l'air sur l'image, de l'image sur le son, dont le déterminisme ne s'effectue pas par contact réciproque, mais par l'appartenance à un même espace, à une même structure d'orientation, dont nous faisons objectivement partie, à laquelle nous participons par notre position sur le plan mobile qui fait fonction d'interface. L'espace tend à se matérialiser et à devenir un champ actif qui détermine les comportements des objets perçus, alors que les mécanismes se dématérialisent dans des fonctions d'écriture et de programmation. Cet espace n'est plus seulement une dimension neutre et passive dans laquelle les choses se côtoient, mais une matrice qui relie et génère les différents événements que nous percevons. Les événements visuels, sonores, tactiles, se répondent dans une chaîne de réactions qui à leur tour s'autonomisent, deviennent indépendantes de nos actions, de notre présence sur la zone d'interface. La machine AVAD dispose d'une mémoire, elle développe des comportements de répétition, interprète et transforme les informations que nous émettons, génère des séquences par lesquelles se manifeste de nouveau l'écart par rapport à notre présence, l'existence d'une temporalité propre au dispositif, d'une autonomie. L'addition de ces écarts, entre les différentes dimensions sensibles qui participent à l'environnement, entre la nature particulière du paysage informatonnel d'AVAD et la notion illusionniste de paysage, entre notre interaction avec le dispositif et son autonomie, viennent profondément travailler à la fois la notion d'immersion et celle de la présence. Nous avons pu longtemps imaginer l'espace dans lequel nous vivons comme la surface continue d'un monde essentiellement objectal et passif. Ce monde s'est affreusement compliqué. Il n'a pas cessé de se dématérialiser d'un côté, et de se matérialiser de l'autre. Les rapports entre les choses sont devenus plus importants que les choses elles-mêmes, les champs d'énergie plus déterminant que les objets. D'invisibles déplacements peuplent ce que nous croyions le vide, animent nos écrans, font vibrer nos téléphones cellulaires. Notre langage circule et babille dans les tubes infinis des canaux d'information. Notre pensée elle-même se fragmente en fonctions que simulent d'infimes circuits électroniques. L'espace dans lequel nous vivons joue des limites entre le visible et l'invisible, le matériel et l'intelligible. Il est agité de turbulences, traversé d'ondes et pénétré de flux. Nous ne sommes plus au milieu de rien, nous circulons dans un univers réticulaire. AVAD voudrait tenir le paradoxe de se placer quelque part dans ce paysage mouvant, d'y instaurer un "quelque part". Certainement pas un centre, une citadelle ou un belvédère. Juste l'espace suffisant pour y établir la fixité d'un ici provisoire où vienne s'inscrire notre présence, un ici qui tienne exclusivement à notre présence. La notion de fixité n'est d'ailleurs que partiellement justifiée. Relative, elle est aussitôt inquiétée. La petite estrade qui nous est proposée comme poste provisoire est en même temps un petit théâtre. Et nous pouvons aussi choisir de rester dans l'ère de circulation, tourner autour, regarder celui qui vient se risquer sur la plate-forme d'interaction, adopter une attitude contemplative. Le point de vue est donc double, partiellement réversible, mais l'environnement ne se met à vivre que si quelqu'un vient manifester sa présence, s'avance sur la plate-forme, entre dans le cercle de jeu. L'ensemble participe d'une scénographie qui inclut le spectateur comme un élément constitutif du dispositif. Alors, celui-ci participe d'un décor qui ne fait jamais que nous renvoyer à nous-mêmes. Jean Cristofol, avril 2005 |
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